La Guyane, département français d'outremer,
est recouvert à plus de 90 % de forêt tropicale humide.
Son climat est chaud et humide. La moyenne des températures est de 27 °C et
la pluviométrie est importante avec environ 3 000 mm/an.
Aujourd'hui peuplée de près de 200 000 habitants, résidant essentiellement sur la bande côtière,
la population guyanaise se caractérise par une grande diversité ethnique : Amérindiens, Créoles,
Métropolitains, Bushinenge, Hmongs, Chinois, Antillais, immigrés (Brésiliens, Surinamais, Guyaniens,
Haïtiens…).
Les principales communes sont Cayenne, le chef lieu, avec un peu plus de 50.000
habitants. Saint-Laurent-du-Maroni et Kourou 20 000 habitants.
Qu'ils soient naturels, historiques, scientifiques ou culturels: les attraits de la Guyane sont nombreux.
D'une superficie proche de 84 000 km², la Guyane est située au Nord-Est de l'Amérique du Sud et possède des frontières communes avec le Surinam à l'Ouest, et le Brésil au Sud et à l’Est. (Latitude entre 2° et 5° - Longitude entre 51° et 54°).
La Guyane est sous l’influence de la (ZIC) Zone Intertropicale de Convergence, qui est l’élément
essentiel et déterminant de son climat.
Cette ZIC est le conflit qui résulte de la convergence des alizés générés par l’anticyclone
des Açores et de celui de Sainte-Hélène. En découle une zone de basses pressions quasi permanente
sur l’Océan Atlantique, au niveau de l’équateur.
La ZIC génère un ciel couvert et de fortes pluies. Elle est animée d’un mouvement saisonnier qui
la fait osciller Nord - Sud. Elle passe donc sur la Guyane deux fois par an, se qui engendre quatre
saisons de durée inégales :
La moyenne des précipitations annuelle et de 3 000mm (1 800mm au Nord-Ouest & 3800mm au Nord-Est) sur le littoral et de 2 500mm sur l’intérieur. L’humidité relative moyenne est élevée avec 75 à 90% sur l’année. L’isolation est quasiment la même toute l’année avec une douzaine d’heure.
Sur la plaine côtière récente, formée de sédiments marins, se développent plusieurs formations végétales.
La mangrove côtière, dont l'importance et la localisation varie
au cours des ans en
fonction du déplacement d'Est en Ouest des bancs de vase, poussées par le courant Nord équatorial, est
une forêt "mobile" inondée à chaque marée haute.
Elle est formée presque exclusivement de palétuviers blancs et, en front de mer, de palétuviers gris.
Plus en retrait, le long des fleuves, on observe la mangrove d'estuaire essentiellement formée de palétuviers rouges reconnaissable à leurs longues racines-échasses qui forment un enchevêtrement d'arceaux inextricables.
Au fur et à mesure que l'on s'éloigne du littoral, la mangrove
d'estuaire s'enrichit progressivement d'espèces d'eau douce qui se mêlent aux palétuviers.
On y remarque en particulier, les spectaculaires contreforts ondulés et ramifiés
des Moutouchi-Rivière et les colonnes majestueuses formées par les troncs des Palmiers-Bâches.
Les marais sublittoraux se situent en retrait de la mangrove. Ils se forment de grandes étendues principalement à l'Est de Cayenne (pleine de Kaw et Pointe Béhague). Ils sont le plus souvent constitués d'une végétation herbacée, mélangée à de la tourbe, flottant sur une épaisseur d'eau pouvant atteindre plusieurs mètres et qui peut généralement supporter le poids d'un homme.
Cette végétation flottante oscille légèrement lorsque l'on marche dessus, d'où le nom local
de "savanes tremblantes". Leur flore est dominée par des cyperacées, des fougères et certaines
espèces bien caractéristiques comme le Moucou-Moucou aux grandes feuilles sagittées qui formes
des peuplements denses de 2 à 3 mètres de haut.
Beaucoup de marais sont parsemés d'arbustes, pruniers ou zicaques et, parfois de palmiers-bâches.
Enfin, par endroits, les formations herbacées cèdent la place à de vastes forêts
marécageuses dominées par le palmier Pinot, localement appelées " pinotières ".
D'autres arbres, typiquement inféodés à ce milieu, se mêlent aux Pinots : le Yayamadou-marécage
dont la sève rouge a des
propriété hallucinogènes et le Manil qui possède des racines respiratoires aériennes
(pneumatophores), en forme de petits arceaux émergeant de la boue, qui entravent la marche.
Dans la plaine côtière ancienne, on observe des forêts à caractère marécageux et riches en palmiers, en particulier des Maripas, sur les affleurements argileux ou, au contraire, à caractère plus sec sur les sédiments sableux.
C'est aussi la zone des savanes, vastes étendues de petites touffes d'herbes parsemées d'arbrisseaux nains aux feuilles duveteuses, les "zoreilles d'ânes". Des galeries de palmiers-bâches jalonnent le cours des ruisseaux tandis que, dans les bosquets isolés sur sols sableux, poussent le palmier épineux Awara et le Grand Balourou. Les savanes côtières, situées en bordure de la route nationale 1, sont malheureusement régulièrement incendiées chaque année à la saison sèche, ce qui modifie et appauvrit sensiblement leur composition floristique.
Un écosystème complexe, riche mais fragile
Si, dans les pays tempérés, presque tous les arbres perdent leurs feuilles pendant la saison
froide, l'uniformité du climat équatorial auquel est soumise la Guyane n'impose aucune
contrainte thermique ou hydrique à la forêt, où chaque essence conserve son rythme propre de
feuillaison et de défeuillaison. C'est pourquoi, à une même saison, on peut voir des arbres
dénudés, d'autres couverts de jeunes feuilles vert tendre, d'autres en fleurs, d'autres enfin,
la majorité, nantis de leur épais feuillage vert sombre.
C'est encore l'absence de contraintes écologiques qui favorise la grande diversité spécifique
de la forêt humide sempervirente où seule la compétition entre en jeu.
Selon les estimations les plus récentes, on recense en Guyane près de 5000 espèces végétales
vasculaires, dont plus d'un millier sont des arbres.
La forêt a une voûte dont la hauteur varie de 20 à 40 m, avec certains arbres émergeants qui
atteigne 50 m, voire 60 m. Les fûts
sont élancés, souvent pourvus à la base de contreforts ( ou "acabas"), qui améliorent leur
stabilités.
Les légumineuses au sens large (mimosacées, césalpiniacées et papillonacées) occupent la
première place et sont représentées par de nombreuses espèces comme l'Angèlique, très belle
essence dont le bois est largement exploité; le Bois Violet ou Amarante, apprécié en
menuiserie pour sa belle couleur; le Wacapou et la Bocco ou Bois-Fer, tous deux à la croissance
très lente mais au bois extrêmement dur, et bien d'autres encore.
Les Lécythidacées sont connus pour produire des fruits en formes de récipients munis d'un couvercle qui se détache à maturité et libère les graines. Lorsqu'ils ont la forme de petites marmites aux parois épaisses, ce sont des Canari-Macaques. S'ils sont allongés en forme de tubes aux parois minces se sont des Mahots-Cigares.
Les Lauracées sont généralement appelées "cèdres" bien que sans rapport avec le conifère
du même nom.
Leur bois dur et odorant est employé pour de mutiples usages.
L'espèce la plus
connue est le Bois de Rose, longtemps exploité pour la fabrication de parfums. Quant aux
rosacées, ce sont les "gaulettes" des Guyanais dont le bois fendif sert à faire des lattes
qui, une fois tressées, sont utilisées pour la confection des "murs" de cases rustiques.
Il existe de nombreux arbres qui une fois blessés exsudent un latex blanc ou jaune abondant. Ce sont généralement des clusiacées, des apocynacées ou des sapotacées. Parmi ces dernières, l'essence la plus connue est le Balata, exploité autrefois comme succédané du caoutchouc. De nombreux arbres saignés dans le passé portent encore aujourd'hui des séries de cicatrices obliques le long de leur tronc.
Si les arbres constituent le "squelette" de la forêt, ils ne sont cependant pas majoritaires en nombre d'espèces. Ils servent de support à de puissantes lianes épanouies dans la voûte, comme les Echelles-Tortues qui forment de longs rubans ondulés.
Les arbres les plus âgés
portent aussi de nombreuses plantes épiphytes qui poussent sur les branches maîtresses afin
de bénéficier d'une quantité de lumière suffisante à leurs besoins.
Ce sont les orchidées
(plus de 500 espèces), les aracées (Philodendron et Anthurium en particulier) et les broméliacées
(famille de l'ananas), pour ne citer que les familles les plus importantes.
Enfin, le sous-bois est occupé par des arbustes et des arbrisseaux typiquement inféodés
à ce milieu. Ils appartiennent majoritairement aux famille suivantes : rubiacées, mélastomatacées,
pipéracées (famille du poivre).
Le sous-bois est par endroits envahi de palmiers épineux comme le
Counana et le Moucou-moucou. Les plantes herbacées sont nombreuses en raison du faible éclairement
et se concentrent au niveau des trouées lumineuses. Ce sont le plus fréquemment des Balisiers
aux inflorescences dressées et spectaculaires par leurs bractées rouges vif, des marantacées,
des zingibéracées ou gingembres sauvages aux rhizomes fortement parfumés.
Dans le Nord-Ouest de la Guyane, entre Iracoubo et St-Jean, le socle est recouvert de sédiments
dont les sols parfois très "lessivés" forment les sables blancs.
Les arbres y sont moins élevés
et la forêt comporte quelques éléments particuliers à ce milieu. Partout ailleurs les sols rouges,
riches en oxyde de fer prédominent.
Les forêts de terre fermes sur sols argilo-sableux qui couvrent les pentes et les crêtes sont, de
loin, les plus répandues et les plus riches en nombre d'espèces. Elles ont cependant un aspect
relativement uniforme et il est plus difficile de distinguer les variations subtiles dans la flore
et la végétation selon la nature des substrats que selon le drainage.
En règle générale, les forêts
sur socle formé de roches basiques sont plus riches et plus hautes que celles qui poussent sur
les roches cristallines comme le granite.
Les bas-fonds sont occupés par des forêts marécageuses rappelant les pinotières de la plaine côtière
tant par leur physionomie que par leur composition floristique.
On observe le long des cours d'eau une frange de forêt ripicole où certains arbres sont particulièrement fréquents comme le Cacao-Rivière et surtout le Wapa, reconnaissable à ses gousses plates en formes de faucille, pendant à l'extrémité de longs pédoncules.
Sur les roches basiques éruptives (gabbros, "roches vertes"), d'épaisses cuirasses latéritiques
se sont formées dans des conditions climatiques différentes de celles qui règnent actuellement.
Il en reste quelques reliques formant des buttes-témoin, tabulaires, protégées de l'érosion par
leur cuirasse sommitale recouverte d'une forêt basse, broussailleuse et riche en lianes. Ce sont
par exemple, dans la zone côtière, le plateau du Mahury et la montagne de Kaw.
C'est à cette même
unité géomorphologique qu'appartiennent les grands massifs tabulaires du centre de la Guyane,
culminant entre 500 et 830 m.
A ces altitudes, malgré tout relativement modestes, la forêt de
plaine cède progressivement la place à la forêt submontagnarde à nuages caractérisée par des
modifications dans sa composition floristique (abondance des fougères arborescentes) et par son
aspect particulier. La persistance des brouillards entraîne une humidité permanente favorisant
la prolifération des mousses et des plantes épiphytes qui forment des draperies et des
guirlandes sur les branches et des manchons le long des troncs.
Enfin, les rares endroits de l'intérieur de la Guyane qui ne sont pas recouverts de forêt
sont des savanes-roches, dalles granitiques des inselbergs, souvent aux fortes pentes, et
dont la végétation basse et discontinue est constituée de plantes bien adaptées à la sécheresse
de ces sites : orchidées, broméliacées.
Plus accessibles sont les rochers des sauts qui barrent
les fleuves au niveau des rapides. Ces sites qui constituent généralement de sérieux obstacles
pour le passage des pirogues, sont par contre très appréciés pour la beauté des paysages
qu'ils offrent surtout en début de saison sèche lorsque fleurissent les "Salades-Coumarous "
qui recouvrent les rochers. A cette époque, entre les îlots bordés de plages de sable blanc,
leurs magnifiques inflorescences roses se dressent par centaines au milieu des eaux écumantes.
(J.J de Granville)
La diversité de la faune est à la hauteur de ce monde tridimensionnel que représentent les strates forestières, les rivières et les estuaires. L’énumération du nombre d’espèces suffira à en témoigner.